mardi 23 octobre 2012
"Mon objectif est de rassembler la fédération et d'en faire une véritable machine pour gagner le département."
Entretien de Philippe Sarre dans Première Heure
Première Heure - Qu'est-ce qui vous a amené dès Juin à rentrer dans le jeu du PS 92 ?
Philippe Sarre : "Je suis l'un des premiers à avoir évoqué la question de l'avenir de la Fédération, plus d'ailleurs que mon avenir personnel. Dans un premier temps, je n'étais pas certain d'être candidat au poste de 1er fédéral. J'ai posé, bien avant même que cela soit rendu public, en interne, un certain nombre de questions sur le fonctionnement de la fédération depuis quelques temps.
Et de façon plus publique vers le mois de Juin en perspective du congrès, où j'ai déposé une contribution sur l'avenir de la fédération des Hauts-de-Seine."
P.H. - Pourquoi ?
P.S. : "Aujourd'hui, nous ne sommes pas, nous ne fonctionnons pas, à la hauteur de nos ambitions. Nous avons l'ambition tout à fait légitime de faire basculer le département à gauche, et c'est tout à fait réalisable pour diverses raisons. Parce que le département évolue d'un point de vue sociologique. Parce que nous avons gagné presque mécaniquement , un certain nombre de postes dans le département, que ce soit de députés récemment, de conseillers généraux, de maires, avec de très bons résultats aux élections intermédiaires, européennes et régionales. Parce que nous avons une droite qui est aujourd'hui essoufflée, épuisée, et connaît des déchirements internes importants. Il est tout à fait raisonnable d'admettre que le 92 peut tomber à gauche. Mais pour ce faire, il faut que nous ayons une fédération en ordre de marche, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui, en tous les cas, pas suffisamment."
P.H - N'avez-vous pas provoqué une sécession entre nord et sud 92 ?
P.S. : "Surtout pas. Cette fédération, pour des raisons presque mécaniques, a été plutôt dirigée au sud, avec des maires, Pascal Buchet, Philippe Kaltenbach, des conseillers généraux plutôt au sud, un siège de la fédération situé au sud. Il faut recentrer, parce que c'est un département compliqué du point de vue géographique. Mais en aucun cas, je ne souhaite lancer une offensive du nord contre le sud. Mon objectif est, au contraire, de rassembler cette fédération pour en faire une véritable machine pour gagner le département. Pas pour relancer des querelles intestines. Cette candidature ne vise personne, et surtout pas ceux qui ont eu la fédération en charge pendant plusieurs années. Ils ont, malgré tout, fait du travail tout à fait respectable. Mais en terme d'organisation, nous ne sommes pas dans des conditions suffisantes pour gagner."
P.H. - La fédé est trop timorée ?
P.S. : "Je n'ai pas utilisé ce terme. Pourquoi pas ! Je trouve qu'elle n'est pas en ordre de bataille. On n'a pas aujourd'hui de relations dignes de ce nom, en tant que PS es-qualité, avec les institutions, préfecture, inspection académique, chambres consulaires. Les maires, conseillers généraux, régionaux ont des rencontres, des contacts sur des sujets donnés avec ceux-ci. Le PS 92 n'a pas de relations régulières avec les grands syndicats pour traiter des problèmes de l'éducation, de la santé, de la sécurité, ni avec les parents d'élèves... On est en deça de ce que l'on devrait faire en terme de relations avec les institutionnels alto-séquanais. Pourquoi ? Parce que nous n'avons pas de positions claires sur la question de la sécurité, ni affirmées sur le logement, ni travaillées sur les transports où on réagit au coup par coup, sans vision globale. Nous n'avons pas suffisamment fait de travail de fond sur les dossiers, ni en tant qu'élu, ni en tant que militant. On ne met pas suffisamment nos sections et notre fédération en travail de réflexion. Elle doit redevenir un laboratoire d'idées."
P.H - Que proposez-vous ?
P.S. : "Il faut faire en sorte que nos adhérents aient davantage la parole et participent à l'élaboration de nos positions, que nos réunions soient des réunions de travail, d'échanges. Il faut que l'on arrive à avoir, par rapport à nos images d'élus, un caractère totalement irréprochable dans nos positions, y compris sur l'application du non cumul des mandats où il faudra que nos élus se mettent en conformité le plus rapidement possible avec ce qui sera la loi. Et j'ai participé puisque je suis l'un des rares élu à avoir quitté sa fonction de conseiller général lorsque j'ai été élu maire alors que personne ne m'y obligeait."
P.H. - Comment allez-vous régler la question face aux "Hollandais" qui revendiquent le poste de 1er secrétaire ?
P.S. : "On a tous quelque chose de François Hollande. Il n'y a pas de vrais, de bons et des mauvais "Hollandais". Tout le PS est derrière François Hollande aujourd'hui, toute la fédération doit l'être. J'ai pris assez tôt un engagement clair pour soutenir F. Hollande, dès les primaires. Je l'ai reçu à Colombes dans les premiers au moment des primaires et encore récemment comme Président de la République. Je me sens un hollandais de la première heure comme beaucoup dans le département."
P.H - Quel bilan faites vous des premiers mois Hollande en tant que maire francilien ?
PS. : "Comme dans tout bilan, on peut regarder le verre à moitié plein ou à moitié vide. Dans le premier cas, je note des choses très importantes : l'amorce d'une réforme fiscale qui est la base d'une justice sociale plus importante que ce qui existait auparavant. Nous avons dans le domaine du logement un certain nombre d'avancées. En particulier, lorsqu'on est maire d'une ville de 85 000 habitants qui a 33% de logements sociaux et qui a quand même 3200 demandeurs sur son territoire, on est sensible au fait de durcir un peu la loi SRU. Dans le domaine sociétal, il est prévu le droit de vote des étrangers, le mariage de personnes de même sexe... Ce sont des promesses qui vont être tenues, qui sont déjà travaillées par le Gouvernement et l'Assemblée nationale. Dans le second cas, c'est le problème du chômage, de la crise, de l'héritage difficile. Il y a de l'impatience que je ressens en tant que maire, y compris chez les habitants qui auraient espéré un changement plus rapide face à la crise qui frappe aussi durement. Et je ne cache pas que je croise un certain nombre de gens qui se disent déjà déçus alors que nous un gouvernement qui travaille, qui a pris plein de dossiers à bras le corps mais qui connaît aussi une situation complexe..."
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